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Stéphane, vous proposez d'imaginer le monde de demain, seriez-vous médium ou voyant ? 

Dernière mise à jour : 24 avr.



J’aimerai beaucoup Véronique avoir ce pouvoir de lire l’avenir et de mieux comprendre le passé. Mais nous pouvons aussi imaginer ce que sera le monde de demain en exploitant les informations, les données du monde d’aujourd’hui. Nous savons qu’il y a peu de chances que se produise un miracle. Certes, il peut exister des événements imprévisibles, une catastrophe, un tremblement de terre mais ce n’est pas automatique et les risques peuvent souvent être évalués, détectés et prévenus. Quant à la guerre, nous pouvons imaginer que nous nous efforcerons de l'éviter le plus possible.  

 

Sur quelles données vous fondez-vous pour imaginer le monde à venir ? 

Sur les données de l’emploi et de l’évolution du marché du travail de ces dernières décennies. Nous vivons dans une société où le citoyen construit son identité à travers son emploi, la vie est régie par notre revenu et notre capacité à consommer. C’est comme cela depuis l’exode rural, il y a environ deux siècles. Mais depuis 50 ans, une grande partie de notre industrie à été délocalisée dans d’autres pays. Elle constituait le noyau, le centre, le moteur de nombreuses activités. 

 

Lors de l’annonce de votre conférence il me semble avoir noté un autre titre : Quel sera le monde de demain ? 

Avec mes amis, nous avions d’abord imaginé ce titre. Mais cela peut paraître prétentieux, aussi nous avons choisi de l’appeler Quel pourrait être le monde de demain ? Récemment il m’a été suggéré de l’appeler Construisons le monde de demain ? Cela est plus dynamique, plus encourageant, cela correspond mieux à notre intention. Car c’est avec les autres que nous construisons, pas pour nous même, mais pour nous tous. 

 

Si j’ai des idées, si je souhaite contribuer avec celles qui sont déjà présentées, c'est possible ? 

Les idées présentées viennent de nos rencontres et échanges, de nos interactions et constats. Ce ne sont pas nos idées, ce sont des idées et souvent les vôtres. Si vous souhaitez contribuer à construire le monde de demain vous pouvez venir apporter votre avis et peut-être d’autres idées. Votre contribution sera retranscrite dans un manuel et vous serez alors co-auteur. Bien sûr le bénéfice de vente du manuel par Internet sera reversé aux co-auteurs.  Et puis c’est surtout une contribution pour tenter d’enrayer le développement de la violence dont on ne doute plus hélas, aujourd’hui. 

 

Il faut être de bonne volonté pour construire le monde de demain.  Il faut se sentir capable. Quelle pourrait être notre contribution pour construire avec vous ? Il faut en avoir envie et puis je trouve que nous vivons dans une société assez individualiste.  Pourtant je pense que c’est une nécessité d’y réfléchir, de se souvenir. Peut-être tenter de retrouver un fonctionnement social et économique comme autrefois, comme il existait dans les villages. J’ai l’impression qu’il y a de bonnes volontés qui commencent à émerger. Il me semble que nous apprécions plus le plaisir d’être ensemble et le bien être à construire ensemble. Peut-être l’épisode du COVID a-t-il contribué à faciliter cette évolution ?  

Je trouve que les maires des petites villes et des villages sont très proches des habitants. Je les trouve moins individualistes, plus dévoués pour les habitants et ils sont porteurs de nombreuses idées pour inspirer les grandes villes. Vous me faites penser à un post d’un ami que je lisais il y a quelques jours et qui s’intitule C’est quoi l’amour ? L'individualisme dans lequel nous a poussé la société de consommation à outrance à certainement contribué à limiter notre capacité à résister au développement de la violence. Il me semble que la violence est le contraire de l’amour.  

 

Alors comment rétablir l'amour et le respect ?  

C’est l’objet du manuel que nous allons publier à la fin de l’année, avec vos contributions et avis. Il s’agit d’idées pour rapprocher les personnes que nous sommes, tenter d’enrayer la dégradation des rapports humains et le chacun pour soi.  

 

Au-delà de la conférence, que vous présentez le 25 avril, des rencontres que vous proposez dans le cadre des associations Oser Autrement.fr (OA) et Rencontres et Echanges Professionnels.fr (REP) vous avez évoqué le projet de publier un manuel ? 

C’est l’idée de notre association OA que de réfléchir à des idées pour tenter de contrer le développement de la violence. La conférence est une occasion d’attirer l’attention. La publication d’un ouvrage est un moyen de mieux faire connaître ces idées qui nous semblent nécessaires aujourd’hui. Nous avons choisi de les compiler et de les publier à la fin d’année comme un manuel d’idées à l’attention des élus des villes qui sont parfois devenues aujourd’hui des lieux d’expression de toutes les violences. 

 

Les élus ne sont-ils pas trop bridés par leur idéologie politique, seront-ils à l’écoute ?  

Nous verrons bien, nous souhaitons d’abord réaliser la promotion de ce qui nous paraît important et qui n’existe pas ou pas suffisamment. Nous ne sommes pas dans la situation de pouvoir mettre en place ces idées, mais nous pouvons attirer l’attention et encourager.  

 

Vous estimez que la qualité et les conditions de vie du citadin se sont détériorées. Pensez-vous qu’il soit préférable de vivre à la campagne ou dans de petites villes aujourd’hui ? 

Il me semble que nous sommes au début de l’exode urbain. Le développement de l’industrie à permis l’exode rural, il nous faut désormais imaginer la suite. Le Prince Louis Albert de Broglie (voir la précédente interview) évoque également ce besoin que nous avons de nous rapprocher de la nature pour redonner du sens à nos vies.  Bénédicte et les Passeurs de Légendes aussi (interview de février).  Le nombre de bénéficiaires du RSA a doublé en 10 ans selon notre ministre du travail. Il est probable qu’il aura triplé dans 10 ans. La situation sociale et économique ne s'améliore pas, il nous faut imaginer la suite et proposer des idées, les encourager, imaginer des solutions, innover dans notre manière de vivre ensemble.  

 

Je remarque quelques changements. Il me semble que les gens lisent un peu plus. La vie de famille, la qualité de vie au quotidien représentent des valeurs importantes qui n’ont rien à envier à l’investissement professionnel. Il me semble que des indices du changement sont apparus et se précisent. Je pense également qu’il est temps de changer notre façon de voir la vie. J’espère que votre livre sera lu. La lecture, c’est comme les enfants, c’est important. 

Envisager un retour à la nature pour les enfants des villes c’est une idée importante que nous souhaitons encourager en suggérant de créer des troupes scoutes dans les quartiers et aussi des ateliers de théâtre. Ce sont deux moyens d’apprendre à mieux connaître nos différences et mieux se connaître. C’est déjà ce que réalise l’association des Passeurs de légende (voir interview précédente), il nous faut encourager et développer cette approche. 

 

Cela peut-être une thérapie. Lorsque les parents n’ont pas pu apporter ce qu’il fallait pour permettre à l’enfant de grandir. Cela peut arriver lorsque l’on est en difficulté du fait du chômage par exemple ou pour des raisons de santé ou encore parce qu'il n’est pas facile de s’occuper seule des enfants, lorsque l’un des deux n’est plus là.  Pour beaucoup de parents la vie est difficile aujourd’hui. L’individualisme est tel que la solidarité existe mais est insuffisante. Je partage cet avis que le théâtre et le scoutisme peuvent être des remèdes.  Ils peuvent être des moyens de développer l’assurance et la confiance.  Un moyen de grandir et de réussir sa vie personnelle et professionnelle. Je trouve que la dématérialisation des échanges et la fermeture de l'accueil des services public n’est pas une bonne évolution. Le Tout informatique, c’est déshumaniser la société. 

 

C’est également une de nos idées d’établir un service d’urgence pour les parents seuls, pour les personnes âgées, un service d’assistance 7 jour sur 7 et 24h sur 24.  Une autre idée est de développer le parrainage entre des enfants un peu perdus et des retraités qui vieillissent seuls alors qu’ils peuvent être de bon conseil et transmettre leur expérience. Mais je n’en dis pas plus Véronique, si vous souhaitez en savoir plus, venez à la conférence du 25 avril de 18h à 19h au premier étage du bar le Conti place Jean-Jaures. 

 

A la fin de l’année, vous pourrez vous procurer notre manuel d’idées. C’est très innovant, mais pas plus que l'association REP qui a détecté tous ces changements bien avant l’heure. 

 

Merci Stéphane, je sais qu’il est possible de venir sans invitation aux réunions ; c'est une amie qui m'a parlé de REP et à mon tour, je transmets … 

 

Merci à vous, Véronique d’avoir accepté de venir échanger et réaliser la promotion de cette prochaine réunion. Cela sera avec plaisir d’entendre tous les curieux et passionnés qui sont disponibles. C’est dans la rencontre et l'échange que nous construisons le monde de demain ! 

Interview réalisée par Véronique Gaessler (cinetoiles7@gmail.com)

 

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